Deauville 2012 – Jour 5 : Oiseau de malheur

4 septembre 2012. 4 films. Le hasard fait bien les choses… Après être allé chercher ma désormais clone officielle en matière de ciné, j’ai décidé de me renseigner au CID pour une chose importante voir vitale pour les prochains jours : Les accrédités peuvent-ils aller chercher leurs places pour la soirée directement au bureau de presse ?
Je l’ai déjà évoqué, pour obtenir une place pour la cérémonie et le film du soir au CID, il faut faire la queue le jour de la projection à 14h. Trois queues sont mises en place : celle des Pass Festival (payé 150€ par le grand public, qui sont donc prioritaires), puis celle des accrédités (les journalistes… et moi) et enfin celle des Pass Journée (truc pourri qui te donne accès à que dalle, mais c’est pas trop cher donc soit).
Et bien il se trouve donc que j’ai appris (comme un noob) que je pouvais venir retirer ma place tous les matins pour la séance du soir et ainsi éviter la queue quotidienne ! Et moi, j’aime pas les queues. Mon amie non plus d’ailleurs (enfin, elle aime pas les files d’attente hein, pas de méprise, je m’enfonce c’est ça ?), c’est pourquoi je lui prends également une place. C’est donc un couple duo très heureux qui a assisté à la projection du film du soir : Blackbird. Mais ça, j’y reviendrais plus tard.
Concernant les petites anecdotes de la journée (je sais que vous en raffoler), un vigile a refusé catégoriquement que j’entre dans la salle du Morny avec mon sac. Il devait penser que les gars qui viennent au Festival de Deauville ne pensent qu’à sortir leur caméra de leur sac pour pirater le film. Surtout que le film en question s’intitulait Michael Collins et est surement déjà largement trouvable sur les réseaux.
Toujours est-il que j’ai dû laisser mon sac sur une table à l’entrée avec mon appareil photo à l’intérieur. J’étais pas rassuré, mais le vigile zélé m’a promis de veiller sur lui. Et pour perdre toute logique, au film suivant, il m’a laissé entrer avec mon sac. Je devine donc que c’était seulement pour me faire chier. Et bien cher vigile, si tu me lis, sache que si tu ne mesurais pas 2m et que tu n’étais pas trois fois plus large que moi, je t’aurais donné une bonne leçon !
Bref, passons aux films avant que je m’énerve.
Premier film du jour : Booster
Compétition. Réalisé par Matt Ruskin. Avec Nico Stone et Adam DuPaul.
Booster nous raconte l’histoire d’un petit voleur, du genre à piquer des trucs dans les magasins, se retrouver face à un dilemme : va-t-il ou pas braquer une laverie pour sauver les miches de son frère ?
Déjà avec ce pitch, vous avez surement la moitié du film de raconté. Désolé pour ça. De toutes manières, je vous déconseille la vie de ce film qui n’apporte strictement rien au spectateur. Émotion ? Zéro. Amusement ? Niet. Ennui ? Ah si ! Là y’en a un bon paquet ! Booster se permet même une fin petits bras et frustrante. Déception !
Deuxième film du jour : Michael Collins
Hommage Liam Neeson. Réalisé par Neil Jordan. Avec Liam Neeson, Aidan Quinn, Alan Rickman et Julia Roberts.
Comme son titre l’indique, nous suivons la lutte de Michael Collins pour apporter à son pays, l’Irlande, l’indépendance tant désirée dans les années 20. Amoureux des films historiques : ruez-vous dessus ! Passionnant de bout en bout et servi par un casting impeccable, l’impressionnant Liam Neeson en tête, Michael Collins instruit tout en étant divertissement. Du très bon !
Troisième film du jour : Police Fédérale Los Angeles
Hommage à William Friedkin. Réalisé par William Friedkin. Avec William Petersen, Willem Dafoe, John Pankow et John Turturro.
Très grand film que voici. Une histoire de meurtres, de traques, de sexe et surtout de copies. Je ne sais pas si je suis complètement à côté de la plaque, mais la mise en scène et le scénario de Friedkin tourne autour du concept de « copie ». Faux billets, flic sous couverture se faisant passer pour ce qu’ils ne sont pas, situation semblable en début et fin de film, répliques revenant plusieurs fois, utilisation des miroirs ou de plans symétriques… Ce film fut un délice pour mes yeux et mes oreilles. Friedkin mon petit, t’es pas le dernier des tâcherons, ça c’est sûr.
Quatrième film du jour : Blackbird
Avant-Première. Réalisé par Stefan Ruzowitzky. Avec Eric Bana, Olivia Wilde, Kate Mara et Charlie Hunnam.
Alors là. Attention mesdames, messieurs, je vais en choquer certains : j’ai aimé Blackbird ! Pire ! Je pense que c’est le film que j’ai le plus aimé pour le moment à ce Festival de Deauville parmi les inédits (avant-première et compétition). Toi, cher internaute loin de tout, tu ne comprends peut-être pas, mais sache que Blackbird est actuellement détesté par énormément de monde à Deauville. À commencer par celle que je croyais aimé du fond de mon cœur : Anne-Laure. Je sentais déjà que notre relation partait en lambeaux, car juste avant la projection, nous avons une forte dispute concernant la présence ou non d’un twist à la fin du film Signes.
Blagues à part, je crois que ce qui m’a fait aimé Blackbird réside dans plusieurs choses. Primo, j’en avais un peu ma dose des films indé arty se voulant super intelligent mais se révèlant souvent CHIANTS COMME LA MORT ! Et je peux vous dire que j’en ai bouffé ! Du Booster, de l’Electrick Children ou même du Robot & Frank.
Objectivement, Blackbird est très en deçà de très bons films comme Killer Joe ou Jason Bourne L’Héritage, mais je n’ai pas pu aimer complètement ces derniers. Le premier pour sa folie furieuse, le second pour son scénario. Avec Blackbird, j’ai mis les pieds dans des chaussons certes laids mais confortables. Blackbird est un polar noir matiné de western se déroulant dans une région enneigée des States, un genre que j’apprécie. J’y ai retrouvé un casting de petits gars que j’aime bien et surtout issus de séries télé. Et j’ai aimé. Sur le moment, j’ai aimé ! Voir cette petite série B sans prétention et efficace m’a offert un bol d’air frais bienvenu !
Et demain ?
La journée sera encore chargée demain ! Déjà, faut que je recolle les morceaux avec ma pote de Festival. Pour ça, j’ai la technique : l’emmener voir L’Exorciste à 11h. Un film qui fait ultra peur comme ça, ça marche à tous les coups pour pécho ! Si ça rate, pas de soucis, je la laisse chialer devant La Liste de Schindler pendant que je vais me détendre devant The We and The I de Gondry. Puis je reviens après pour la consoler. Si ça ne fonctionne toujours pas, j’utiliserai mon dernier recours : Bandidas ! Un film tellement pourri qu’elle sera obligé de trouver des qualités à Blackbird.
Une fois notre couple reformé, nous irons voir main dans la main Des Hommes sans Loi et là on verra ensuite, si elle déteste toujours les queues !
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