[Critique Reporter] Rock Forever : Party Rock Anthem

À l’instar de Mamma Mia qui se voulait un hommage aux tubes de ABBA, Rock of Ages – traduction débile et inutile en Français : Rock Forever – est une ode aux tubes des 80’s : We’re Not Gonna Take It de Twisted Sister, Pour Some Sugar on Me de Def Leppard, Don’t Stop Believin’ de Journey, Can’t Fight This Feeling de REO Speedwagon et autres We Built This City de Jefferson Starship.
Ce n’est pas la première fois qu’un musical de Broadway est adapté sur grand écran, c’est d’ailleurs la deuxième fois qu’Adam Shankman, (chorégraphe, producteur, réalisateur) s’essaye à cet exercice.
Rock of Ages nous offre un casting de prestige, bien que les leading roles soient tenus par deux jeunes acteurs multi-cartes (chanteurs, danseurs…), Julianne Hough (Burlesque, Footloose) et Diego Boneta (90210, Pretty Little Liars).
Une combinaison que semble apprécier le réalisateur qui, il y a 4 ans procédait de la même façon sur Hairspray.

1987.
On assiste à l’arrivée à Hollywood d’une jeune fille de Tulsa, Oklahoma, Sherrie, qui, à sa descente d’autobus sur le légendaire Sunset Strip, rencontre un gentil garçon, Drew, rêvant comme elle de faire carrière dans la musique. Il travaille au Bourbon Room, bar où se font des carrières. Il lui trouve un emploi de serveuse et tombe in love très rapidement.
Sauf que le club est menacé par la femme du maire (Catherine Zeta-Jones, dont les costumes ont dû être fortement inspirés par Sarah Palin), en croisade contre tout ce que ce lieu de perdition représente – et lui rappelle. Pour sauver les meubles, le propriétaire des lieux et son acolyte (Alec Baldwin et Russell Brand) comptent sur un dieu du rock (Tom Cruise) qui a commencé sa carrière ici et y donnera son dernier spectacle, s’il survit à la publication d’un article au vitriol signé par une journaliste de Rolling Stone (Malin Akerman) qui n’a pas la plume dans sa poche – ni la langue d’ailleurs.
Évidemment Rock of Ages, c’est toute une ère.
Célébration hédoniste du trio “sex, drugs and rockn’roll” en mode PG-13, parce que faut pas non plus trop choquer. On retrouve un certain romantisme à la manière d’un clip de The Cure, non dans l’intrigue, mais plutôt dans la façon de représenter cette époque. De la garde-robe et coiffures, en passant par des lieux mythiques, jusqu’à même la politique : le déclin de la société américaine (à petite dose, parce qu’une fois encore, faut pas trop choquer).
Structurellement, il y a des choses que l’on accepte quand on regarde un musical. Tels que les moments étranges qui amorcent le début d’une chanson, les morceaux qui ne conviennent pas tant que ça, ou encore le manque de réalisme. Le problème avec Rock of Ages, c’est que toutes ces étrangetés sont beaucoup trop remarquées. Néanmoins, il semblerait que le Rock‘n’Roll sauve le tout. Au final ce que l’on retient se sont les refrains des tubes des 80’s !

Le casting.
En parlant de ce qui marque : on ne peut tout simplement pas passer à côté de la prestation de Tom Cruise dans le rôle de Stacey Jaxx, icône du rock. L’exercice de total relooking nous avait déjà particulièrement étonné dans Tonnerre sous les Tropiques, où il s’était grimé. On le retrouvait dans la peau d’un producteur véreux, avec de l’embonpoint et une forte pilosité. Difficile de le reconnaître.
La performance est ici, tout aussi impressionnante. En effet, n’ayant jamais chanté auparavant, il a dû beaucoup entraîner sa voix. L’acteur a reçu des cours de chant pendant six mois pour faire face aux exigences de son rôle. Résultat : très convaincant.
Catherine Zeta-Jones, qui avait déserté les plateaux de tournage depuis quelques années maintenant, renoue dans Rock of Ages avec ses premières amours : le chant et la danse. On la retrouve aussi passionnée que dans Chicago, un autre musical qui lui avait valu la célèbre statuette d’or.
Paul Giamatti interprète à la perfection un producteur vénal, manipulateur et lâche qui a du mal avec l’animal de compagnie le plus orignal du rock’n’roll.

Quant au duo Alec Baldwin/Russell Brand, que retenir… sans doute la coupe de cheveux façon Joan Jett qu’arbore à la perfection le plus anglais des deux.
Enfin, au moment où Mary J.Blige apparait on est quand même surpris : « ah oui c’est vrai qu’elle était sur l’affiche ». C’est le risque dans des all-stars movie.
On ne peut décemment pas parler de musical sans s’arrêter un moment sur la soundtrack qui se reflète jusque dans la police de caractère du générique de début : un p’tit clin d’œil à AC/DC.
Un mot sur Don’t Stop Believin’ de Journey. Il faut dire qu’à son écoute lors de la scène finale, on ne peut s’empêcher de penser à Glee qui en a fait son hymne et a propulsé ce titre de la fin des 80’s dans le top des morceaux les plus téléchargés. C’est amusant de voir que la comparaison ne se porte même plus sur l’interprétation originale mais sur la reprise qu’en a fait le glee club de McKinley High.
Rock of Ages ne s’adresse pas exclusivement aux fans de musicals ou de Glee. Ce qui est remarquable dans les standards du rock des 80’s, c’est que sur les 12 morceaux de la B.O, même si on ne les connait pas par cœur : on est capable de fredonner quelques refrains, on a forcément entendu des reprises et on va inévitablement se diriger sur iTunes et cartonner nos potes en jouant à Guitar Hero.
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