[Critique Reporter] The Dictator : Call 911 !!!

« Jachnun , jachnun, halloooooooo !!!! »

C’est par ces salutations que The Dictator se présente au monde.

L’Amiral Général Aladeen, un combo de tous les tyrans de l’Histoire, chef suprême de Wadiya, pays imaginaire d’Afrique du Nord – la précision est importante, on ne sait jamais… – va « risquer » sa vie afin d’empêcher son pays de devenir une démocratie. Après s’être fait circoncire la barbe, signe TRÈS distinctif, il va devoir se faire à l’environnement étrange et exotique de la ville de New-York – oui ces qualificatifs peuvent également s’appliquer au monde occidental. C’est avec l’aide de Zoey (Anna Faris, Scary Movie, What’s Your Number) et d’un quiproquo qu’il va tenter de retrouver sa place de leader suprême.

Sacha Baron Cohen, une contradiction ambulante.

Qui peut se vanter d’avoir un doctorat et de créer des personnages aussi dingues que Borat, Bruno, et aujourd’hui l’Amiral Général Aladeen. Dans ce nouvel opus comico-trash, la politique sioniste des USA, Israël, Ahmadinejad, les Princes Saoudiens, les végétariens, le commerce équitable, tout y passe. Il faut savoir que l’écriture du scénario avait débuté bien avant le Printemps Arabe. Cette coïncidence du calendrier sert les intérêts du film. En effet, des répliques qui auraient pu être risquées sont non seulement les bienvenues mais leur sens comique y est décuplé.

La réalité est bien plus étrange que la fiction et ça, Baron Cohen l’a très bien compris. 
Il n’invente rien, il met juste en scène l’absurdité du monde. 
Soit on retiendra la fausse barbe et le fort accent, soit le discours sous-jacent. N’allons pas jusqu’à dire que The Dictator se veut être un plaidoyer contre la politique internationale des Maîtres du Monde, mais il n’empêche que l’Amiral Général Aladeen a le sens de la formule et du timing.

Évidemment c’est de très mauvais goût, parfois même lourd dingue, cf : l’accouchement dans une épicerie bio. Néanmoins, c’est sans doute volontaire afin que les coups de « génie » se fassent plus retentissants. 
On retiendra une plaisanterie sur les attentats du 11 Septembre, un peu exagérée, plein de clichés mais dans le même temps tellement réalistes quand on y réfléchit. Également, cet échange avec John C. Reilly (Chicago, Stepbrothers) qui interprète un homme chargé de sa sécurité, résume parfaitement les notions de géographie des américains : « je déteste les Arabes, ce qui inclut les noirs, les juifs et ces pédales bleues de Avatar ».

Enfin, les apparitions très remarquées de Megan Fox et d’Edward Norton lors de circonstances précises, ne sont pas que de simples caméos. Elles servent le discours de Cohen et Charles (Larry Charles, le réalisateur), elles ne sont que l’illustration d’une réalité évidemment très peu médiatisée. 
Ici, il est clairement question d’une nation qui se prostitue….

Un autre point fort et tout aussi contradictoire est la soundtrack. Une B.O dansante et originale entre un remix de Dr. Dre et une ballade de Souad Massi.

On doit être nombreux à se demander quelle tournure prendra la carrière de Sacha Baron Cohen PHd* ;). Va-t-il continuer d’inventer de nouveaux personnages, ou le verra-t-on dans des seconds rôles comme dans Hugo, le dernier Scorsese ou Sweeney Todd de Burton? Il semblerait que l’acteur va sortir de manière radicale de sa zone de confort, en incarnant Freddie Mercury dans un biopic consacré au légendaire groupe de rock Queen. Le tout sous la direction de Stephen Frears (The Queen).

N’allez pas voir The Dictator pour vous nourrir cinématographiquement (rien à voir avec Le Dictateur de C. Chaplin…) mais peut-être que votre appétit politico-médiatique se trouvera rassasié par le discours de fin d’Aladeen, ou plutôt dirais-je de Sacha Baron Cohen himself, qui vaut tout le film. Je ne spoilerai aucun morceau mais Mme Liberté Démocratie s’en prend plein les dents….

Allez bon film et “Death to the West !!!” (Mort à l’Occident !!!)

*doctorat

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